Seule contre (presque) tous

Publié le par jeunespop57

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                                Sûr, elle avait mieux à faire. Inaugurer une fresque de l'ère magdalénienne datant de 2000 avant Jésus-Christ, par exemple. Tandis qu'à Paris, les socialistes s'opposaient, samedi, sur le bilan des élections, Ségolène Royal, avait choisi d'être « loin de tout ça » en Poitou-Charentes. « J'ai beaucoup donné pendant les campagnes nationales et maintenant je me consacre à mon rôle de présidente de région, s'est-elle justifiée sur place. C'est passionnant parce que l'on est au côté de personnes paisibles et authentiques et qui s'impliquent dans le développement de leur territoire. Je suis dans la France paisible. » Et toc pour ceux qui la critiquent depuis un hôtel parisien. Mais cette stratégie était-elle la meilleure alors même qu’elle revendique son droit, légitimement accordé (selon elle) par 17 millions d’électeurs dont 7 millions d’anti-sarkozystes, de jouer un rôle majeur dans la refondation d’un parti ?

                                 Mais ces attaques ne resteront quand même pas sans réponse. Pour répliquer, Ségolène Royal était hier invitée de Canal + à l'heure du déjeuner puis du 20 heures de TF1. Elle renoue avec la stratégie de communication qui avait permis sa désignation il y a un an : la base contre le sommet, prendre à témoin l'opinion plutôt que de participer au débat interne de son parti, manipuler vilement plutôt que proposer des idées. « Le PS n'appartient pas à un groupe, à une minorité de personnes dirigeantes, il appartient aux militants, a-t-elle affirmé hier sur Canal +. Je serai la garante du respect du processus démocratique à l'intérieur du PS. Personne n'en est propriétaire et certainement pas ceux qui sont à la tête de courants qui ont été si destructeurs. » Cette règle des courants, qui « souvent a empêché les débats », Royal semble vouloir la remettre en cause.

                                  Adepte de la démocratie participative, elle veut « faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIe siècle ». Ségolène Royal a aussi fait la leçon à ses camarades. Les critiques « ne rendent pas service au collectif, au combat commun », a-t-elle estimé. Commentant un reportage sur le conseil national, elle a regretté de « très mauvaises images » et un retour « aux méthodes du passé ». Évidemment, Ségolène Royal, revendiquant son statut d'ancienne candidate et ses 17 millions d'électeurs de toute sa splendeur mittérandienne, veut se « situer à un autre niveau ».

                                  Le bilan de la présidentielle, à ses yeux, ne se résume pas à une « autocritique » mais doit prendre en compte les « idées neuves » qui ont émergé durant la campagne. A-t-elle fait des erreurs ? « Sans doute, personne n'est parfait. » Des personnalités du centre pourraient-elles être associées à la réflexion ? « Pourquoi pas », répond-elle avant de reconnaître plus tard qu'elle est « favorable à un dialogue approfondi avec le MoDem et François Bayrou. » Ségolène Royal n’a pas perdu, elle n’a simplement pas gagné, là est toute la nuance.

                                 Malgré sa forte popularité, Ségolène Royal n'a pas les moyens de lancer aujourd'hui une offensive sur le PS. Elle tempère ses ambitions. Alors qu'elle souhaitait un calendrier accéléré et qu'elle avait annoncé son ambition de devenir le prochain premier secrétaire, elle a assuré hier qu'elle n'était « pas pressée ». « Le PS n'est pas un objectif en soi », a-t-elle affirmé. Dire le contraire est délicat, évidemment…

                                  Interrogée sur ses déclarations sur « l'irréalisme » des propositions qu'elle avait portées durant la campagne (smic à 1 500 euros et généralisation des 35 heures), Royal a esquivé. Ses propos « ont été déformés », a-t-elle assuré avant de pointer du doigt les « propositions du PS insuffisamment préparées ». «On ne peut plus présenter de projets par slogans», a-t-elle ajouté sur TF1. Considérez donc alors que le « gagnant-gagnant » auquel elle tient tant est déjà obsolète… 

                                   Subsiste cependant une question : les militants lui renouvelleront-ils leur confiance ? En tout cas, le Président du Mouvement des Jeunes Socialistes ne semble pas vouloir prendre cette ligne de conduite…

 

Publié dans Actualité

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Fée Clochette 26/06/2007 21:36

La critique est facile, l'art est difficile...

La majorité des articles sur les sites du MJS visent uniquement à dénigrer la politique du gouvernement sans jamais faire aucune proposition (ou très rarement...)donc, cher Erasme, ta remarque est un peu exagérée...

Et puis, difficile de ne pas parler de celle qui s'obstine à vouloir faire en sorte qu'on ne cesse de parler d'elle...

C'est de bonne guerre !! ;)

Erasme de Metz 25/06/2007 21:45

Moi c'était juste pour essayer de comprendre pourquoi passer tant de temps sur Ségolène Royal alors qu'il y a tant de mesures du gouvernement à expliquer ....
Pour Ségolène Royal je recommence la campagne quand tu veux cher JPB :-)
Ni remords ni regrets, il y en a un qui a été meilleur c'est tout

jpb 25/06/2007 16:25

Ne soyez pas cruel avec Erasme, il a fait campagne pour Ségolène. L'erreur est humaine... ;-)

Gilles57 25/06/2007 15:29

Oui c'est vrai Erasme , mais il faudrait aussi la prévenir pour lui dégongler la tête.....

Erasme de Metz 25/06/2007 13:19

Au faut vous etes au courant que c'est Nicolas Sarkozy qui est élu :-)