Un congrès en 2008 pour le traité européen

Publié le par jeunespop57

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                        Nicolas Sarkozy innove encore. Fait exceptionnel, le chef de l'État a pris l'initiative de réunir à l'Élysée, dans une salle contiguë à son bureau, l'ensemble des chefs des partis politiques représentés au Parlement, Jean-Marie Le Pen n'étant donc pas convié. Objet de ce rendez-vous : rendre compte des résultats du sommet européen de Bruxelles, parvenu in extremis à un accord sur un traité simplifié remplaçant la Constitution rejetée par les Français en 2005.

                        La semaine dernière, il les avait reçus séparément. Cette fois, il a décidé de les rencontrer en une seule fournée. Une initiative qui a fait dire à François Hollande : « Nous ne sommes pas là pour avoir un débat. » Nicolas Sarkozy lui a répondu du tac au tac : « Je ne vous ai rien demandé. Je ne vous raconte pas ça pour savoir ce que vous en pensez. » Ce fut, selon plusieurs participants, l'unique accrochage de cette réunion qui s'est déroulée dans une « ambiance courtoise ».

                         Assis entre son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et son secrétaire d'État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, Nicolas Sarkozy a présenté les « acquis » du traité simplifié dont il revendique la paternité. De l'autre côté de la table, chacun a trouvé sa place et écouté en silence : de gauche à droite, Patrick Devedjian, Philippe de Villiers, François Bayrou et l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, puis François Hollande, Marie-George Buffet, le chef de file des Verts Cécile Duflot et l'ex-UDF François Sauvadet, devenu président des députés du Nouveau Centre. Le chef de l'État a précisé que le nouveau texte serait « applicable au 1er janvier 2009 » et « non pas en 2014 comme l'a dit Mme Royal », a-t-il ajouté en égratignant son ex-rivale. François Hollande n'a pas relevé.

                         Nicolas Sarkozy a ensuite justifié sa décision de ne pas soumettre ce texte à référendum. « Il a évoqué clairement l'hypothèse d'une réunion du Congrès en 2008 », rapporte François Sauvadet. Ce choix a soulevé la désapprobation de la communiste Marie-George Buffet, qui a réclamé un « vrai débat dans l'opinion ». Une position partagée par Philippe de Villiers et la Verte Cécile Duflot. François Hollande, rejoint dans la soirée par le bureau national du PS, a dit vouloir attendre le texte définitif pour se prononcer. Quant à François Bayrou, il a été « très sport » selon Patrick Devedjian. Le patron du MoDem a toutefois critiqué l'« absence de visibilité » du nouveau traité qu'il juge « trop complexe »

                         Le chef de l'État a enfin redit son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne : « La France mettra son veto au troisième chapitre » dont l'examen viendra à la fin de l'année.

 

                        Mais il a surtout surpris son auditoire en évoquant lors de cette même réunion la « modernisation de la vie politique ». Il a évoqué le principe d'une « réforme globale » qui comportera le statut de l'opposition et la modification des modes d'élection des députés et sénateurs. Sarkozy a même laissé entendre que l'ensemble pourrait être adopté en 2008, lors du Congrès. Le même jour donc que le traité européen. Bref, une sorte de « donnant-donnant » qui ne dit pas son nom mais qui irrite déjà l'opposition. Le nouveau traité « doit s'inscrire dans un calendrier européen, et pas franco-français », a réagi hier soir le PS.







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