Nouvelle donne au Proche-Orient

Publié le par jeunespop57

La disparition d’Ariel Sharon de la scène politique et la victoire du mouvement terroriste Hamas aux élections législatives palestiniennes  fait peser de sérieux doutes sur la poursuite du processus de paix, qui avait pourtant fait de grandes avancées avec l’évacuation des colonies de la Bande de Gaza, décidée par le gouvernement israélien.

Les efforts que le gouvernement d’Ariel Sharon a entrepris pour la paix, après la mort de Yasser Arafat, avaient surpris jusque dans les bastions antisionistes les mieux gardés et ont valu à l’ancien général, si décrié depuis son élection au poste de premier ministre,  nombre de messages de sympathie et de soutien après son hospitalisation.

La disparition politique d’Ariel Sharon quelques mois avant les élections législatives israéliennes n’a pas remis en cause la forte avance du parti qu’il avait créé autour de lui, Kadima, dont le programme est axé sur la poursuite de ces efforts  pour la paix, efforts voulus et massivement approuvés par l’opinion publique israélienne.

Si on peut se féliciter qu’enfin les Palestiniens aient eu droit à des élections libres et démocratiques, la victoire du Hamas, organisation terroriste, ne peut que compromettre les efforts de paix. En effet, d’une part, on peut comprendre qu’Israël soit peu disposé à discuter avec un tel partenaire, responsable de tant d’attentats contre sa population. D’autre part, le programme du Hamas n’intègre pas la reconnaissance de l’Etat d’Israël, mais sa destruction. Le processus de paix ne peut qu’en pâtir, comme le prouve le rejet des accords d’Oslo par le leader du Hamas.

Mais la victoire du Hamas offre aussi à l’Union Européenne et aux Etats-Unis une formidable occasion de contraindre le Hamas à renoncer au terrorisme et à la violence, à forcer le mouvement terroriste à s’inscrire, enfin, dans un processus politique pour arriver à la paix. C’est bien ce qu’a compris le président américain Georges W. Bush en menaçant de suspendre l’aide que verse son pays à l’Autorité Palestinienne si le Hamas ne renonce pas au terrorisme. C’est un enjeu majeur de la diplomatie européenne, qui doit elle aussi s’inscrire dans cette logique. Il ne s’agit pas de sanctionner le peuple palestinien pour son vote, qui a davantage voté contre le parti en place, miné par la corruption et incapable de lutter contre la violence et la délinquance, que pour le terrorisme.

La paix au Proche-Orient ne sera pas possible tant que la violence sera le moyen privilégié de l’une ou l’autre des parties, tant que le programme politique de tel ou tel dirigeant fanatique, tel le président iranien, considérera que la destruction de l’Etat d’Israël est une issue envisageable.

Julien Pfersch

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article