Grève sur le temps de travail... encore...

Publié le par jeunespop57

                        D'après le ministère de l'Education, 35,7% des enseignants dans les collèges, 38,9% dans les lycées généraux et technologiques et 23,6% dans les lycées professionnels étaient en grève lundi contre une réforme de leur temps de travail. Le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, a de son côté recensé 53% de grévistes en lycées et 55% en collèges.

                         Une centaine de manifestations ont été organisées aujourd'hui contre le projet de réforme des décharges enseignantes qui devrait aboutir à la suppression de 2 800 postes en 2007. Alors que quinze syndicats ont appelé à la grève, le Snes, syndicat majoritaire dans le second degré assure que l'unité ainsi réalisée est « sans précédent ». Les différentes organisations, qui comprennent, outre les traditionnels syndicats de gauche, des organisations du privé et le Snalc (classé à droite), peu habitués à battre le pavé, assurent représenter 99 % de la profession.

                          Depuis septembre, les syndicats n'ont cependant pas réussi à beaucoup mobiliser, même sur cette thématique qui touche de près les enseignants. En période préélectorale, beaucoup misent plus sur leur bulletin de vote que sur la grève.

                          Au Snes, on croit malgré tout à un sursaut : « Cette union est à la hauteur de la colère qui anime la profession face aux initiatives et au mépris d'un ministre qui n'écoute rien et fait la leçon sur tout », estime le syndicat qui rejette le projet de décret inspiré par un audit de modernisation des Inspections de finances et de l'Éducation nationale qui révélait que 28 000 enseignants (ou postes équivalents temps plein) n'enseignaient pas devant des élèves. Le gouvernement s'est inspiré de ce constat pour supprimer 2 800 postes au budget 2007.

                          Certains enseignants bénéficient en effet aujourd'hui d'une à trois heures de cours en moins qui correspondent à des « heures de décharge » consenties au titre d'un surplus de travail. Par exemple, les heures dites de « laboratoire », qui correspondaient autrefois au temps que l'enseignant passait à ranger des cartes de géographie ou à entretenir le matériel de laboratoire, pourraient être réexaminées.

Heures de « première chaire »

                           Le ministère supprimerait aussi une partie des heures dites de « première chaire » pour les enseignants de lycée. Ces heures, payées en plus, sont aujourd'hui accordées aux professeurs dispensant plus de six heures par semaine à une classe d'examen pour compenser notamment un surplus de copies. Ne pourraient plus en bénéficier certains enseignants de mathématiques ou encore de langues vivantes exerçant en classe de première.

                            Pour les professeurs visés, cela revient à une perte de salaire de 6 %, s'insurge le secrétaire général du Snes-FSU, Bernard Boisseau, pour qui « ce n'est pas une mauvaise chose d'ouvrir une discussion sur le temps de travail des enseignants, mais pas pour les faire travailler plus ou les payer moins s'ils refusent des heures supplémentaires. »

                             Le texte de Gilles de Robien limite cependant le nombre de ces « décharges », souvent liées à des situations périmées : les enseignants de première ne préparent plus au bac depuis que celui-ci est en une seule partie, 5 % des professeurs de sport n'encadrent pas de jeunes le mercredi dans leur établissement, etc. Le ministre crée en revanche de nouvelles décharges pour les enseignants prenant en charge les technologies de l'information.

 La cause du mécontentement vient d'un audit de modernisation qui révéle que 28 000 fonctionnaires n'enseignent pas devant des élèves.

 

 

 

 

 Le Figaro - 18/12/2006

 

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Jérémy 19/12/2006 16:29

Merci Jérome de nous apporter ces precisions qui pointent une vraie injustice que les socialistes ont du mal a reconnaitre.
Par ailleurs, ce chiffre de 28000, nous ne l'avons pas inventé. Il est présenté par la cour des comptes.
Nous voulons simplement moderniser notre fonction publique en actualisant des decrets pris après la...libération. Et oui, l'education nationale en 1950 n'est pas la même que celle de 2006...De plus en plus, immobilisme rime avec socialisme...

mobiclic 19/12/2006 16:21

Lorsque Ségolène souhaite faire progresser l'éducation national vous fustigez ses propos en les travestissant! Et comble de la mauvaise foie vous vous faites les défenseurs du monde enseignant.
Lorsqu'un projet de loi proposé par un ministre du gouv. Villepin-Sarkosy génére un mouvement de contestation qui va de l'enseignement privé à l'enseignement public vous n'hésitez pas à annoncer que 28 000 d'entres eux n'enseignent pas!
Visiblement vous ne savez pas que notre monde bouge et évolu en permanence imposant aux enseignants de se renouveller en permanence, et pour cela il leur faut du temps hors temps d'enseignement.
Ou alors vous avez en projet de remettre des "policopiers" formatés à chaque enseignement pour leur éviter d'avoir à préparer leurs cours....

jérÎme 19/12/2006 14:47

Je suis enseignant dans un lycée professionnel en français, d'histoire géographie et d'éducation civique. Cette bivalence permet d'étutier des thèmes transversaux dans plusieurs matières. De plus, j'ai des classes de BAC PRO à 28 et je ne dispose pas d'heures de 1ére chaire pour corriger les devoirs type bac en français et en histoire géographie. Pourtant je n'ai jamais fait grève.Les profs ne seraient pas tous égaux? Le SNES et autres syndicats sont les plaies de l'Education Nationale.

pierrot 19/12/2006 11:28

Une fois de plus l'esprit de contracdiction à l'ump. Après avoir détourné les propos de ségolène et l'avoir fortement fustigée à propos du débat du temps de travail des profs, voila que vous faites exactement la même chose.
Il faudrait savoir.

NicodeMetz 18/12/2006 22:10

Il faut dire les choses comme elles sont : aucun ministre de l'Education Nationale ne peut faire de véritable réformes. Le pouvoir est détenu par une clique de syndicats gauchistes ultra-minoritaires. Depuis de nombreuses années, les salles des profs sont inondées de tracts et autres pétitions du PS et de ses filiales. Ne pas faire grêve, c'est se mettre au ban de la communauté. Se dire de droite, c'est suicider sa carrière.
Ce constat, qui pourrait paraître excessif pour le néophyte, est pourtant le reflet de la réalité, puisque j'ai personnellement vécu cette situation durant deux années.
Aujourd'hui, un seul homme peut nous sortir de cette situation sclérosée, un homme qui dit les mots justes, un homme qui n'a pas peur de dire la vérité même lorsqu'elle est douloureuse. Cet homme c'est Nicolas SARKOZY.
Pour que ça change vraiment, tous avec Sarko en 2007.